Blog EduRespect ---> blog 2 sur les éducations au respect ->
Accueil du site > La cité de la diversité > Petite exposition de l’histoire du drapeau tricolore

Petite exposition de l’histoire du drapeau tricolore

mardi 5 janvier 2016, par philzard

<< La nation française reprend ses couleurs », avait résumé Louis-Philippe en restaurant l’emblème tricolore le 1er août 1830, après quinze années de drapeaux blancs comme lys. Cent quatre-vingt-cinq ans plus tard, elle semble de nouveau les avoir retrouvées. Apres les attentats du 13 novembre, le bleu-blanc-rouge a soudainement resurgi et, avec lui, le réflexe de pavoiser les fenêtres. Pour exprimer la solidarité, le bleu étoilé de l’Europe aurait peut-être été un meilleur choix, mais on ne peut que se féliciter que l’étendard national ait enfin été arraché des griffes de l’extrême droite, où il s’était égaré trop longtemps. L’histoire du drapeau est ancrée dans les premiers jours de la Révolution. Au départ, c’était une simple cocarde qu’on accrochait à son chapeau : c’était la mode. Camille Desmoulins avait lancé le 12 juillet 1789, comme signe de ralliement des milliers de révolutionnaires occupant le Palais- Royal, la cocarde verte. Elle n’a tenu qu’une journée, a failli être détrônée par une cocarde << bleu-blanc-rose ». Vous imaginez un drapeau bleu-blanc—rose flottant sur le << Charles-de-Gaulle » ? La ville de Paris, craignant de se faire déborder par la populace qui menaçait de renverser la royauté, a créé le 13 juillet une cocarde bleu et rouge, les couleurs de la ville, et a invité tous les << soldats de la patrie » a la porter. Le 14 juillet, le maire, Flesselles, s’est bêtement vanté dans une lettre au gouverneur de la Bastille << d’amuser les Parisiens avec des cocardes », l’invitant à tenir bon. Erreur funeste : sa missive ayant été découverte, sa tête a été illico promenée au bout d’une pique. Sinon, La Fayette se vante dans ses Mémoires d’avoir introduit le blanc au côté du rouge et du bleu, pour amadouer Louis XVI, qui le 17 juillet a été pressé d’accrocher la cocarde à son royal couvre-chef. En octobre de l’année suivante, les trois couleurs ont enfin gagné le drapeau. Les marins de l’escadre de Brest, qui devaient partir mater une révolte de Noirs à Saint—Domingue, se sont mis en grève au nom de la liberté. Pour les calmer, l’Assemblée nationale a accepté, à la suite d’un débat houleux, que les trois couleurs nationales, vantées par Mirabeau comme << le signe de ralliement de tous les amis, tous les enfants de la liberté », flottent sur les vaisseaux de la marine royale, qui arboraient jusque-là le drapeau blanc. Un décret, le 24 octobre 1790, installe le pavillon tricolore, mais fixe le rouge près du bâton. Il faudra attendre 1792 pour que le rouge, couleur de la révolution, ait l’honneur d’être celle qui flotte au vent A noter que le rouge, au départ, n’était pas le symbole de la révolution... mais de la répression bourgeoise. En 1789, lorsque la Garde nationale hissait le pavillon rouge, c’était pour prévenir que le sang allait couler. C’est donc par dérision que les sans-culottes ont adopté l’étendard sanglant : le 10 août 1792, en marchant vers les Tuileries pour renverser le roi, ils portaient un drapeau rouge sur lequel était inscrit : << La loi martiale du peuple souverain contre la rébellion du pouvoir exécutif. » En 1848, le drapeau rouge a été à deux doigts de devenir l’emblème national, comme l’exigeait Blanqui. Mais Lamartine a retourné la foule qui envahissait l’Hôtel de Ville, dans un discours improvisé devenu fameux : << Le drapeau rouge que vous rapportez n’a jamais fait que le tour du Champ de Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93 ; le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie ! » Pascal Riché

P.-S.

Source : Extrait de L’0BS N °2665 du O3/ 12/Z015 pour edurespect.com le blog

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0