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Le paradigme racial au service de la colonisation et de l’apartheid

mardi 25 avril 2017, par philzard

Le paradigme racial au service de la colonisation

Dès la fin du 18e siècle, s’inspirant des travaux classificatoires des plantes et des animaux tels que ceux de Linné, des savants proposent de classer les être humains en différents groupes appelés « races ». Par exemple, la craniométrie consiste à classer et hiérarchiser les individus en fonction de la forme du crâne. Aux États-Unis par exemple, George Morton rassemble une vingtaine de mesures de crânes différentes et les classe : les « Noirs » ou encore les « Indiens » figurent en bas de l’échelle, tandis que les « Blancs » sont au sommet. Les savants de l’époque débattent pour savoir s’il existe une ou plusieurs origines aux races humaines (monogénisme vs polygénisme). Comme l’expliquent les historiens Jean-Frédéric Schaub ou Carole Reynaud-Paligot, « si le contexte scientifique est important pour comprendre l’émergence de la pensée raciale, il est indissociable du contexte sociopolitique » : la traite des Noirs dans le cadre de l’esclavagisme et les mouvements de colonisation contribuent à véhiculer des visions dépréciatives de ces populations. Les embryons scientifiques de l’époque, émaillés de doctrines idéologiques, peinent à s’en émanciper. Les tentatives savantes d’identifier des races permettent de justifier la colonisation, mais aussi de fonder des identités nationales en inventant des origines raciales distinctes selon les pays, supposées supérieures.

Les travaux sur les races humaines se succèdent jusque dans les années 1950-1960. Le paradigme racial est ensuite délaissé ; les différences culturelles (acquises et non plus innées) sont davantage mises en avant pour expliquer les inégalités. Deux raisons l’expliquent : la majorité des généticiens nient la validité scientifique de la notion de « race » ; les chercheurs, notamment les anthropologues, rejettent progressivement le déterminisme racial ainsi que la pensée évolutionniste qui stipule que chaque société passerait de stades simples à des stades plus complexes. .

L’abolition de l’esclavage et ses suites : les politiques d’apartheid

Aux États-Unis, l’esclavage est aboli après la guerre de Sécession (1861-1865). L’égalité des droits est proclamée dans la Constitution américaine. D’anciens esclaves sont élus à des responsabilités politiques : ils risquent de remettre en question le statut des planteurs. Ces derniers s’organisent pour préserver leur statut.

La politique de ségrégation est instaurée avec les lois Jim Crow : elles privent les Afro-Américains du droit de vote. En 1896, la Cour suprême consacre le principe de la séparation des races dans les écoles, les lieux publics, les transports… Les Afro-Américains sont officiellement égaux, mais ils possèdent des droits plus limités que les Blancs.

De même, en Afrique du Sud, la politique d’apartheid est instaurée de 1948 à 1991 : les Noirs et les Blancs vivent dans des zones géographiques distinctes ; les politiques se fondent sur des critères raciaux. Les lois ne sont pas identiques suivant l’appartenance raciale.

Le terme « discrimination raciale » serait apparu à cette période, dans les années 1960, pour désigner le traitement inégal des populations noires aux États-Unis et en Afrique du Sud. Aujourd’hui, les lois ségrégationnistes ont été abolies dans les deux pays, mais le racisme de couleur demeure fréquent, notamment dans la société américaine.

Maud Navarre

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