Blog EduRespect ---> blog 2 sur les éducations au respect ->
Accueil du site > Personnels enseignants:allo aglaé > UN BON EXEMPLE D’ATTEINTE A LA VIE PRIVEE...

UN BON EXEMPLE D’ATTEINTE A LA VIE PRIVEE...

dimanche 9 janvier 2011, par philzard

« Je m’appelle Sylviane, je suis professeur de Lettres-Histoire en LP et j’exerce à G., petite ville de Normandie. Je me décide enfin à vous écrire, à témoigner et à me battre, après deux ans d’attente et de déprime. Il y a deux ans, j’ai été l’objet d’une atteinte intolérable à ma vie privée dans l’exercice de mes fonctions. En effet, je suis homosexuelle, mon amie travaille dans le même établissement et une collègue a révélé en des termes peu flatteurs (je dirais même ignobles !) notre orientation sexuelle. C’est en abordant le problème de la tolérance avec une classe de 4T que j’ai appris le "pot aux roses". Cette chère collègues (qui il faut le dire fut une amie de travail pendant un temps) a carrément dit à mes élèves que je m’envoyais en l’air dans les champs avec ma petite amie, qui n’était autre que la prof d’anglais... Que nous "faisions cela sur la moto de mon amie", bon j’en passe et des meilleures... Bref, on nage dans le sordide et on se demande si on est bien dans le milieu enseignant ? J’ai réfléchis quant aux raisons qui ont poussé cette femme à agir ainsi et il me semble que c’était pour assouvir une vengeance personnelle. Cette personne avec qui j’avais sympathisé s’est visiblement permise de me juger dans ma vie privée et de "faire justice" en révélant mon homosexualité à mes élèves de la sorte. ( A l’époque, je vivais depuis de longues années avec une amie atteinte d’un cancer irréversible et ce qui ne devait pas arriver arriva, je tombais amoureuse passionnément d’une nouvelle collègue...). Cette situation devait se régler entre ma conscience et moi, en aucune façon je ne devais être condamnée de la sorte par la justice prononcée par un être moralisateur qui ne savait pas exactement ce que signifiait vivre avec une grande malade depuis sept ans. Suite à cela, je ne me suis pas laissée abattre. Et, j’ai immédiatement demandé à mes élèves de spécifier par écrit ce que leur avait dit ma collègue. Ces jeunes le firent sans aucune hésitation et trouvèrent carrément "dégueulasse", comme ils disent si bien, ce qu’avait fait cette collègue. Puis, je suis allée voir le Proviseur, avec mes témoignages sous le bras. Celui-ci réagit correctement et me proposa d’en avertir la hiérarchie, c’est à dire le Rectorat de Rouen. Un enquêteur du Rectorat se déplaça. Et, oh ! stupeur ! A la rentrée je reçus une lettre du Recteur (je cite) "me fit le vif reproche d’avoir impliqué mes élèves dans une affaire privée". En clair, il n’aurait pas fallu que je demande à mes élèves de témoigner par écrit de ce qu’il avait été les témoins... Je portais donc plainte et allait consulter une avocate. Puis, les mois passèrent, plus rien. Et ce qui devait arriver arriva : la déprime... Oh, pas au point de ne plus pouvoir travailler. Mais, ce fut plutôt la résignation. Et, au mois d’Avril de cette année, je suis allée voir mon médecin, je lui ai parlé de "tout cela" et j’ai accepté son traitement. Depuis, j’ai repris espoir et surtout envie de me battre. J’ai contacté le CRSH et SOS Homophobie et vous aujourd’hui. Qu’attendre de votre association ? Tout d’abord un soutien moral. Et puis peut être des conseils. Car, cela fait deux ans, mais je tiens absolument à ce que l’Education Nationale ou la Juctice (ou les deux, on peut rêver) reconnaissent, même symboliquement l’ignominie de l’acte commis par ma collègue ! A bientôt. Répondez moi si possible. Merci. PS : je souffre encore du jugement d’autrui, car en 1997 mon ex amie est décédée de son cancer. Le vide s’est fait autour de moi. Ne me jugez pas. »

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0