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Notion de féminicide

Un article à étudier en EMC / Citoyenneté, question écrite, exposés et documentation complémentaire, éléments de cours

samedi 30 mars 2019, par philzard

Le féminicide (ou fémicide, gynécide, gynocide) est par définition le meurtre d’une ou de plusieurs femmes ou filles en raison de leur condition féminine. Le terme, inventé par la sociologue américaine Diana E. H. Russell en 1976, définit « le meurtre de femmes commis par des hommes parce ce que sont des femmes.

Qu’est-ce que le « féminicide » ? Le meurtre d’une femme ou d’une jeune fille n’est pas reconnu en tant que tel dans le code pénal français.

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Alexia Daval n’aurait pas été tuée lors d’une séance de jogging mais étranglée par son mari, qui a reconnu les faits mardi 30 janvier. Un acte qualifié de « féminicide » par la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Ce terme, qui commence à s’imposer dans l’espace public, n’a pas d’existence juridique en France.

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Le féminicide, ou « femicide » en anglais, est un mot-valise constitué des termes « female » (ou « féminin ») et « homicide », sur le même modèle que « parricide » ou « infanticide ». Il a été popularisé par deux féministes, Jill Radford et Diana Russell, qui ont publié en 1992 le livre Femicide, The Politics of Woman Killing (en français : « l’aspect politique du meurtre des femmes »). Fréquemment utilisé en Amérique latine et repris par des instances internationales, comme l’Organisation des Nations unies (ONU) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il n’est entré dans le dictionnaire Le Petit Robert français qu’en 2015.

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Il s’agit du meurtre de femmes ou de jeunes filles lié au fait qu’elles sont des femmes. Le caractère genré du motif doit être présent. Une femme tuée dans le cambriolage d’une banque ou par un chauffard ne peut pas être de facto considérée comme victime d’un féminicide.

Combien de victimes dans le monde ? On ne le sait pas. Tout l’enjeu de ce terme est de pouvoir caractériser et mesurer le phénomène, pour le faire sortir de la rubrique générale des faits divers. L’OMS a toutefois évalué qu’au moins 5 000 crimes d’honneur étaient perpétrés chaque année, surtout au Moyen-Orient et en Asie du Sud, et que le féminicide lié à la dot concerne « entre 7 600 et 25 000 jeunes mariées ».

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Les féminicides intimes sont souvent décomptés au sein des violences conjugales. En France, cela représentait 109 femmes tuées en 2017 par leur conjoint ou ex-compagnon, de tous âges et tous milieux, comme le détaillent des enquêtes de Slate ou de Libération. En Amérique latine, on comptait en 2016 plus de 1 800 féminicides, dont 466 au Honduras, 371 au Salvador, 254 en Argentine et 211 au Guatemala, selon l’Observatoire de l’égalité des genres pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

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En France, l’expression est officiellement entrée en 2014 dans le vocabulaire du droit et des sciences humaines, mais pas en tant que telle dans le code pénal.

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Le sexisme est reconnu depuis janvier 2017 parmi les circonstances aggravantes d’un crime ou d’un délit, au même titre que l’homophobie ou le racisme dans l’article 132-77 du code pénal. Les violences conjugales étaient déjà implicitement concernées dans la description d’autres circonstances aggravantes : la vulnérabilité liée à l’« état de grossesse » ou le meurtre perpétré par le conjoint, concubin ou partenaire de PACS, étendue aux anciens partenaires, depuis une loi de 2010 (article 221-4).

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L’association Osons le féminisme milite pour que le féminicide soit reconnu comme un « fait de société » alors que de nombreux meurtres de femmes sont encore qualifiés de « crime passionnels » et relégués au rang de faits divers.

Voir en ligne : Article complet des décodeurs du Monde

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