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Au-delà du féminisme, les femmes de Véronique Châtel, les carnets de l’info

jeudi 25 juillet 2019, par philzard

Les femmes sont plutôt heureuses, aujourd’hui. Il ne leur manque, si on en croit la presse qui leur est destinée, que quelques conseils pratiques pour mieux remplir leur caddie, dompter leur cellulite, rendre fou leur partenaire au lit, osé demander une augmentation à leur chef ! Et puis ne mènent-elles pas leur vie telle qu’elles l’entendent ? C’est ce qu’elles s’imaginent. Jusqu’au jour où devenues mères, elles découvrent qu’on - leur père de leurs enfants, l’employeur du père de leurs enfants, leur environnement social et familial… - attend que ce soit elles qui prennent leurs jours de congé "enfants malades" et, posent leurs RTT le mercredi, se dépêchent de rentrer le soir pour préparer le dîner et surveiller les devoirs des enfants et se mettent à mi-temps, tellement plus simple pour l’organisation familiale.

Ce livre a donc pour vocation de rappeler aux femmes que, quoi qu’on leur dire, naître du genre féminin prédestine encore à une vie particulière. Il s’agit donc de ne pas s’endormir dans le doux ronron rassurant ambiant. Ce livre ranime quelques-uns des pans de leur histoire pour que les femmes se situent enfin dans une filiation avec celles qui les ont précédées et qu’elles se servent de l’héritage que leurs aînés leur ont laissé. Ce livre va aussi tenter de les réconcilier avec le mot féminisme qui, non, n’est pas une grossièreté. On peut même sans réclamer sans avoir à se justifier.

En conclusion qu’on le veuille ou non, les femmes ont toutes en elle quelque chose du féminisme. Ne profitent-elles pas des acquis obtenus par les mouvements féministes qui ont ponctué le 19e et le XXe siècle ? Or aucun progrès social, y compris quand il est inscrit dans la loi, et même s’il paraît désormais comme une évidence définitive, n’est gravé dans le marbre. Il ne faut donc croire à ce mythe nouveau de " l’égalité homme femme déjà là et bien là une fois pour toutes". C’est non seulement un mensonge ici en France comme ailleurs dans le monde, mais c’est un poison qui entre dans l´âme des femmes et détruit leur vigilance.

Pour autant partager sa part d’héritage du féminisme ne veut pas dire méfiance systématique à l’égard des hommes. Ni forcément militance. On peut revendiquer une fibre féministe et aimer les hommes. N’est-ce pas justement une preuve d’amour à leur rencontre que de veiller à ce qu’ils ne soient pas repris par leurs vieux réflexes de représentants du premier sexe ? Et on peut veiller sur les droits des femmes sans entrer dans la lutte active. Mais oui ! Il suffit de refuser de jouer les VRP de l’égalité déjà là. Et aussi de se laisser enfermer dans le rang des pauvres victimes.

Être en veille féministe, c’est pouvoir répondre aux discriminations qui surgissent sans crier gare, au travail, à la maison, à l’école, à coup d’arguments construits. Cela suppose donc un brin de culture et d’ouverture sur l’histoire des femmes. Féminisme ne s’oppose pas à féminin. Au contraire il est son allié. Si le féminin se porte de plus en plus haut et beau, c’est beaucoup grâce à lui.

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